Aurélien Caillère : «  Je veux apporter ma contribution à Grigny »

Aurélien Caillère milite d’abord à l’UMP puis chez Les Républicains depuis maintenant huit ans. À 27 ans, le premier élu de la 10ème circonscription des Républicains de l’Essonne n’exclut pas l’idée de se présenter en tête de liste aux prochaines élections municipales de Grigny, sa ville natale.

Pourquoi vous êtes-vous engagé dans la politique ? Est-ce que c’est un sujet qui vous a toujours attiré ?  

Je n’étais pas spécialement attiré par la politique. Plus jeune, j’étais passionné par l’histoire et particulièrement l’égyptologie. Je me suis simplement aperçu que la confrontation dans laquelle je vivais, le système politique en place dans ma ville, ne me convenait pas. Cela a été flagrant pendant mes études. J’ai voyagé, changé de ville et j’ai pu faire la comparaison entre plusieurs politiques. À Grigny, il existe un agrégat qui n’est pas toujours positif. Selon moi il y a une différence entre le social et le clientélisme politique.

Avez-vous un exemple ?

Il y en a beaucoup, c’est avant tout le courant de pensée qui est différent. Mais j’ai une mesure qui me revient : le parti en place a pris la décision d’édifier un monument en mémoire de la colonisation. Cela entraîne des divisions alors qu’il faudrait un facteur de rassemblement. Certes, il y a un apport idéologique mais cela crée beaucoup trop de clivages. J’aurais préféré monter un projet commun dans la ville, une fête pourquoi pas,enfin un événement qui serait plus fédérateur. 

Comment êtes-vous devenu le premier élu de votre circonscription ? 

Le militantisme, c’est un peu comme une association. On distribue des flyers, on fait de l’affichage, on développe le numérique, on organise des manifestations. Il y a un vrai engagement sur le terrain. Le reste se fait naturellement. D’ailleurs, le titre de premier élu n’existe pas statutairement. Il s’agit d’un titre honorifique, on reconnaît la qualité du travail. En réalité, cela veut simplement dire que je coordonne les actions, que je suis responsable du parti dans cette ville.

Si vous étiez élu, quelles seraient les mesures que vous aimeriez prendre ?

Ce n’est pas une seule mesure mais un plan axé sur trois points : l’éducation, la sécurité et la responsabilité de l’acteur public. C’est, selon moi, les thématiques sur lesquelles il faut travailler dans l’environnement immédiat. Ces éléments sont très liés et l’éducation est le point central. Moi-même j’ai eu des lacunes en français parce que le modèle d’apprentissage proposé n’est pas optimal. Heureusement j’ai la chance d’avoir eu ma famille derrière moi et des profs qui m’ont aidé. Mais je pense vraiment qu’il y a de grandes réformes à faire. J’ai déjà des idées, on travaille sur un programme en ce moment pour les concrétiser. Je ne peux pas en dire plus, je préfère garder ces idées en réserve pour éviter que quelqu’un ne se les approprie.

Il y a aussi une mesure symbolique qui me tient à coeur : baisser de 5 à 10 % le salaire des élus et récupérer cet argent pour combler la dette des Grignois. Supprimer aussi certains avantages comme les voitures de fonction.

Mais le changement peut opérer même quand on est militant. Récemment, j’ai demandé un conseil extraordinaire sur des questions de sécurité. Le but était de mettre en place une police municipale et cela a fonctionné. Je ne dis pas que c’est la solution, mais en attendant d’installer une action pérenne c’est une bonne chose pour améliorer le quotidien des habitants.

Quelles sont les valeurs qui priment pour vous ?

Les valeurs du travail et du mérite. On est tous guidés par nos valeurs, des figures. L’une des miennes est De Gaulle, car il a su imposer un modèle de souveraineté. Pour moi, on a toujours la possibilité de faire mieux. Et c’est justement ce que je veux : m’investir encore davantage pour ma ville, apporter ma contribution.

En attendant les prochaines élections municipales, quels sont vos projets ?

J’ai terminé mon master II de droit l’an dernier. Cette année, je me suis laissé le temps pour réfléchir à ce que je vais faire justement. Je prépare les concours administratifs mais j’hésite encore entre les nationaux ou les collectivités locales. J’avoue avoir un faible pour l’administration militaire et l’éducation mais mon cœur va à la politique locale. J’étais inscrit sur les listes en 2014 intitulée « rassembler pour changer Grigny ». Être en tête de liste pour les prochaines municipales ? Pourquoi pas… c’est vrai que j’y pense mais je suis encore jeune, c’est une grande responsabilité. Je veux être certain d’être prêt.

Mélanie Corbier