Édouard Philippe : Portrait large

Édouard Philippe a été nommé Premier ministre de la Ve république par Emmanuel Macron le 15 mai 2017. Qui est le vingt-deuxième Premier ministre français ?

Né le 28 novembre 1970 à Rouen, Édouard Philippe est un haut fonctionnaire et homme d’État français. Membre de l’Union pour un mouvement populaire (UMP) puis du parti Les Républicains (LR), il devient en 2010 maire du Havre et président de la communauté de l’agglomération havraise, puis député de la 7e circonscription de la Seine-Maritime en 2012.

Un Premier ministre diplômé de Science Po et de l’ENA

Le Premier ministre d’Emmanuel Macron reste un inconnu pour le grand public, puisqu’il n’a jamais été ministre. À 46 ans, Edouard Philippe est passé dans le même moule que le nouveau président de la République, avec quelques années d’avance sur lui. Passé par une classe préparatoire hypokhâgne, il intègre ensuite l’Institut d’études politiques de Paris, puis l’ENA. A sa sortie, en 1997, il travaille au sein du Conseil d’Etat en se spécialisant dans le droit des marchés publics.

Comme Emmanuel Macron, il a eu plusieurs expériences dans le privé : dans un cabinet d’avocat américain, puis chez Areva, où il a occupé le poste de directeur des Affaires publiques de 2007 à 2010. D’abord collaborateur de Michel Rocard, il est ensuite devenu l’un des proches d’Alain Juppé. Après l’affaire Penelope Fillon, il quitte l’équipe de campagne de Fillon au début du mois de mars.

Les passions d’Edouard Philippe

Son talent : l’écriture. A la suite de son retrait de la campagne, le maire du Havre débute des chroniques hebdomadaires pour le quotidien Libération, où il donne son avis sur la campagne présidentielle. Il écrit alors le 18 janvier 2017 un papier sur celui qui n’est alors qu’un candidat : “Poussé par les Gracques, club discret de hauts fonctionnaires, Macron plaît à ceux qui n’aiment ni Fillon, ni Le Pen, ni aucun de ceux qui prétendent incarner la gauche. (…) Macron, qui n’assume rien mais promet tout, avec la fougue d’un conquérant juvénile et le cynisme d’un vieux routier“. Avec Gilles Boyer, il écrit deux romans policiers sur le monde politique. “L’Heure de vérité”, publié en 2007, traitait de l’enlèvement d’un député. “Dans l’ombre”, publié en 2011, racontait l’histoire d’un conseiller d’un homme politique influent au cours d’une campagne présidentielle.

Autre passion : la boxe. Dans une interview à LCI, en octobre 2016, Edouard Philippe évoquait sa passion pour la boxe qu’il pratique trois fois par semaine : “Je prends des coups, j’en donne aussi. J’apprends. C’est un sport qui rend humble.” Il partage d’ailleurs le même entraîneur avec l’ex-champion français de kick-boxing, Jérôme Le Banner.

Un homme à barbe qui prend soin de son image

Édouard Philippe est le premier chef de gouvernement à porter la barbe depuis Paul Ramadier, en 1947. Une singularité qui participe à la construction d’une image masculine et virile. Ce n’est ni une barbe négligée style hipster, ni une barbe broussailleuse marxiste. Il a la barbe de sa génération. Ce qui donne un aspect plutôt positif à sa position et à sa popularité.

Son accessoire fétiche ? Les boutons de manchettes. Dans un portrait du Point, il raconte qu’il en fait la collection et sont à ses yeux “l’un des rares attributs vestimentaires pour lesquels l’homme peut se permettre de la fantaisieJe les collectionne depuis de nombreuses années et il m’arrive souvent de les choisir en fonction de mes interlocuteurs de la journée ou de mes activités“.

Convaincu ?

Alexia Francais-Arnaud