La plus grande zone commerciale de France roule pour Macron

Trois mois après le lancement de campagne d’Emmanuel Macron aux Pennes-Mirabeau, nous sommes retournés dans ce fief macroniste, afin d’y comprendre la popularité du candidat.

C’était en novembre 2016. Pour son premier déplacement en tant que candidat à l’élection présidentielle, Emmanuel Macron s’était rendu aux Pennes-Mirabeau une commune limitrophe de Marseille. Un choix loin d’être anodin. Cette ville de 20 000 habitants abrite la plus grosse zone commerciale de France, celle de Plan de campagne, avec près de 518 enseignes réunies dans 250 000 m2 . Ici, le discours libéral de monsieur « travail du dimanche » prend un écho tout particulier auprès des Pennois.

Baisse des dépenses publiques, diminution de l’impôt sur les sociétés, assouplissement des 35 heures, libéralisation du travail dominical… Forcément, à Plan-de-Campagne, Emmanuel Macron séduit. D’abord chez les commerçants, qui réalisent 30% de leur chiffre d’affaire grâce aux dimanches. Mais aussi auprès des salariés. «Sa loi sur la généralisation du travail dominical permet à des étudiants comme moi de pouvoir gagner de l’argent en dehors des cours», estime Damien, serveur dans une enseigne de restauration à Avant-Cap. « C’est un candidat progressiste, et c’est ce dont le pays a besoin selon moi. » Et il n’est pas le seul à partager cet avis.

Sur la place des Cadeneaux, dans le vieux village des Pennes-Mirabeau, la visite d’Emmanuel Macron, fin 2016, a marqué les esprits. « Certains pensent que le renouveau de la gauche s’incarne avec Hamon. Et si le vrai renouveau c’était Macron ? », s’interroge Xavier, philosophe. À ses côtés, Nadine, la quarantaine, acquiesce : « Lorsque vous regardez les candidats, ce sont soit des vieux routards, soit des revanchards. Emmanuel Macron est charismatique : c’est du sang frais qui est en mesure de rassembler le plus grand nombre».

Fédérer à droite… comme à gauche

Rassembler. Le candidat d’En Marche à démontré cette capacité. Après avoir ratissé à droite et à gauche, Emmanuel Macron peut désormais compter sur un vivier de supporters très actifs dans la région : Christophe Castaner, l’ex-prétendant socialiste à la mairie de Marseille, mais aussi le sénateur Jean-Paul de Maggi ou encore l’ex-député Christophe Masse… Mais surtout, en tête de gondole des fidèles, Michel Amiel.

Le sénateur-maire des Pennes-Mirabeau, longtemps étiqueté Guériniste, fût dans la région le premier a rallier le candidat d’En Marche, dès juillet 2016. « J’ai beaucoup apprécié la liberté de ton, la manière frontale et très pragmatique qu’il a d’aborder les sujets, partant du réel et n’éludant aucune difficulté », explique Michel Amiel sur son blog.

Néanmoins, le candidat est loin de faire l’unanimité au sein des Pennois. « Macron ? Une coquille vide ! », lâche Bernard, un militant socialiste qui n’explique pas la popularité du jeune premier. Longtemps accusé d’être trop vague dans ses propositions, Emmanuel Macron a fait taire les critiques de ses pourfendeurs en dévoilant, le 2 mars dernier, son programme.

Manon Mugica