Le parti Europe Ecologie Les Verts a-t-il encore un avenir ?

Depuis un an, le parti EELV subit une série de troubles. Entre L’affaire Baupin qui entache l’image du parti, la disparition des Verts à l’assemblée nationale et l’absence de candidat à la présidentielle, Europe Ecologie Les Verts pourrait perdre sa place dans le visage politique français.

Des scores très faibles n’excédant jamais les 5%, aucun candidat présenté à la présidentielle cette année. L’avenir du parti Europe Ecologie les Verts semble compromis. En février dernier, l’alliance Yannick Jadot – Benoît Hamon privait le parti de toute participation électorale. Le but était bien entendu de rassembler la gauche et de gagner des voix. Mais, d’après Sami Asali, analyste politique, cette tactique met en péril le futur des Verts : « Le fait qu’il n’y ait pas de candidat EELV à une élection présidentielle depuis 1974 est un changement radical. En termes de visibilité, c’est un énorme risque pour le parti », explique-t-il à « Nous Président ».

Ces questions de visibilité sont également dues à la sous-diffusion des « petits partis ». Un thème récurrent que n’a pas hésité à soulever Nicolas Dupont-Aignan (président de Debout La France) avant le premier débat de la présidentielle sur TF1. 5 candidats étaient présents au lieu de 11. « Nous ne sommes pas toujours très audibles », confirme Thymothée Bougy, secrétaire à EELV dans le 20ème arrondissement. « Quand, on est, entre guillemets un petit parti, on a tendance à ne pas être pris au sérieux ».

Suicide politique, aveu de faiblesse ou intérêts

EELV compte malgré tout survivre. Il trouverait même un terrain d’entente en s’affiliant au PS et regagnerait sa place perdue auprès de l’Assemblée nationale. Michael Bloch, journaliste politique au Journal Du Dimanche le certifie « ils ont quand même réussir à obtenir un très bon arrangement avec le PS puisque ce dernier leur réserve 40 circonscriptions aux prochaines législatives ».

Cette alliance permet aussi de faire entendre les idéaux du Parti. Et donc de sensibiliser d’autant plus de monde sur les thématiques environnementales. « Même si cette année, nous n’avons pas de candidat, nous voyons bien que les questions écologiques émergent de plus en plus. Notamment parce que Benoit Hamon les porte. Il s’approprie des thèmes que nous traitons depuis 30 ans », affirme le secrétaire du parti EELV.

Cependant, la faiblesse du parti reste l’absence d’une tête d’affiche. Emmanuelle Cosse et Denis Baupin ne font plus partie de la course. Reste Cécile Duflot, qui était ministre du logement de 2012 à 2014. Mais elle n’est pas très populaire surtout lorsque l’on sait qu’elle a été évincée dès le premier tour à la primaire EELV, par les 12 000 électeurs, en octobre dernier. Néanmoins selon, Thymothée Bougy ce qui prime n’est pas la personnalité politique mais les idées du parti.

Un futur timide et flou

Plus de 6 000 partisans à son actif et quelques milliers de soutiens sur Facebook et Twitter. Europe Ecologie devra redoubler d’efforts pour convaincre y compris à l’échelle supranationale. Les Verts ont de moins en moins de succès. Ils ont obtenu aux élections 16,28% des voix en 2009 et 7,4% en 2014. Par conséquent, ils ont perdu 7 sièges à l’Union Européenne. Thymothée Bougy ne sait pas encore si EELV s’alliera une nouvelle fois à la gauche. « Avec les législatives en vue, on espère avoir un groupe nouveau. Mais ce n’est pas forcément ça qui fera l’avenir du parti. Il y a des choses qu’on ne maîtrise pas. Si Emmanuel Macron gagne, le PS tel qu‘on le connaît va sûrement disparaître. Les anciens membres du PS de l’aile gauche comme Benoît Hamon et l’aile « droite » comme Manuel Valls vont sans doute vouloir récupérer l’héritage. Parce qu’ils se considèrent tous socialistes même s’ils n’ont pas le même genre de socialisme. On ne sait pas encore s’il y aura une alliance, cela dépendra des conditions. C’est une décision qui se prendra collectivement au sein du parti Europe Ecologie Les Verts ».

Mais, avec toutes ces perturbations, le parti EELV a-t-il encore un sens en tant que mouvement indépendant ? « L’existence d’un parti écolo ne signifie rien. On peut très bien être écologiste et être favorable à la retraite à 65 ans, comme on peut être écologiste et estimer qu’il ne faut partir à la retraite qu’à 60 ans » a soutenu Gabriel Conh-Bendit à France Info en 2015. « Idem sur l’Europe, la représentation proportionnelle à l’Assemblée ou le libéralisme économique. Aujourd’hui, selon moi, Europe Ecologie-Les Verts n’a plus d’avenir. Les débats entre personnes raisonnables ne sont pas toujours simples, mais entre gens déraisonnables comme il y en a tant dans cette formation, c’est encore plus compliqué ».

Masisilya Haboudou