Les 7 meilleures punchlines de l’histoire des débats télévisés


Jean Luc Mélenchon et Philippe Poutou ont animé les derniers débats présidentiels avec leurs “punchlines” envers les autres candidats. Du “vous n’avez pas le monopole du cœur” lancé par Valéry Giscard d’Estaing à François Mitterrand en 1974 au “on en avait la larme à l’oeil” de Nicolas Sarkozy à François Hollande en 2012, retour sur ces moments forts de l’histoire des débats télévisés.

 

1974 : Valéry Giscard d’Estaing VS François Mitterand

 

Le premier débat d’entre deux tours marque un tournant dans l’histoire de l’élection présidentielle sous la Vème République. Valery Giscard d’Estaing encore président de la République et Francois Mitterand s’offre un premier face à face au second tour de l’élection sous l’oeil des caméras. Quand François Mitterrand assure que seul son projet pourra garantir un réel progrès social, Valéry Giscard d’Estaing lance une des répliques politiques les plus célèbres de la Ve République, « vous n’avez pas le monopole du cœur monsieur Mitterand». Cette première punchline de l’histoire lors d’un débat télévisé restera dans les mémoires comme l’une des plus cinglantes. La légende veut que cette petite phrase ait joué un rôle important dans la victoire du candidat de droite.

 

1981 : François Mitterand VS Valéry Giscard d’Estaing

 

François Mitterrand a eu sa revanche ! La première punchline de l’histoire des débats a été lancée par son adversaire Valery Giscard d’Estaing lors de la précédente élection présidentielle, François Mitterand gardait donc un goût amer de cet échange. « Vous avez tendance un peu à reprendre le refrain d’il y a sept ans, ‘l’homme du passé’. Il est quand même ennuyeux que vous soyez devenu, vous, dans l’intervalle, l’homme du passif », assène le futur locataire de l’Elysée. Non content de cette première victoire rhétorique, le candidat socialiste lancera à son adversaire, qui l’interroge sur le cours du mark allemand: «je n’aime pas beaucoup ces manières, je ne suis pas votre élève et vous n’êtes pas le président de la République ici, vous êtes simplement mon contradicteur.» Le socialiste tient sa revanche oratoire et ses punchlines l’aideront à transformer l’essai dans les urnes.

 

1988 : François Mitterand VS Jacques Chirac

 

Le président sortant socialiste est opposé dans ce débat à son premier ministre d’opposition, Jacques Chirac. Comme François Mitterrand sept ans plus tôt face à Valérie Giscard d’Estaing, Jacques Chirac tente de démonter la posture présidentielle de Mitterrand et déclare qu’il n’y a pas un président et un premier ministre dans ce débat sur le plateau, mais seulement deux candidats. François Mitterrand qui avait peut être préparé son coup, lui répond malicieusement avec un l’esquisse d’un sourire: «vous avez tout à fait raison monsieur le premier ministre ». Une punchline pour l’Histoire.

 

2012 : François Hollande VS Nicolas Sarkozy

 

Après trois élections présidentielles où les punchlines se sont fait rares par la politesse du débat entre Lionel Jospin et Jacques Chirac en 1995, l’absence d’un débat entre Jacques Chirac et Jean Marie Le Pen en 2002 et l’affrontement entre Ségolène Royal et Nicolas Sarkozy en 2007. En 2012 François Hollande a marqué le débat d’entre deux tours avec son anaphore « Moi, président de la République… ». Face à Nicolas Sarkozy, François Hollande avait répété quinze fois cette expression pour détailler ce qu’il ferait en tant que chef de l’Etat, et dénoncer, en creux, les méthodes de son adversaire.

 

2012 : Nicolas Sarkozy VS François Hollande

 

Mercredi soir, il est environ 23h15. C’est à cette heure ci que la tension est à son plus haut point, après trois heures de débat, les petits piques fusent, et ce moment est surement le plus croustillant avec cette réponse de Nicolas Sarkozy à François Hollande sur le style de gouvernance. François Hollande vient d’achever sa tirade “Moi, président de la République”, c’est à Nicolas Sarkozy de prendre la parole. Débutant sa réponse par quelques amabilités sur la “normalité” du socialiste, le candidat UMP déroule son propos, dénonçant la purge de la fonction publique que souhaiterait mener François Hollande s’il est élu: “vous venez de nous faire un beau discours, on en avait la larme à l’œil, mais c’est le même François Hollande qui quand il s’enflamme en mimant François Mitterrand dans les meetings dit : ‘Je ne garderai aucun des magistrats, aucun des policiers, aucun des préfets…’”. Un coup de massue pour François Hollande qui ne l’empêchera pas de l’emporter quatre jours plus tard lors du second tour de l’élection présidentielle.


 

2017 : Philippe Poutou VS Marine Le Pen

 

Après un premier débat télévisé avant le premier tour entre les cinq « gros » candidats où les punchlines sont devenues monnaie courante, le deuxième débat a révélé un sniper inattendu : Philippe Poutou, candidat Nouveau Parti Anticapitaliste. Avec son débit mitraillette, Philippe Poutou a notamment attaqué François Fillon et Marine Le Pen sur le terrain des affaires. Ton offensif, remarques ciselées, absence de filtre et vêtu d’un simple t-shirt, le candidat du NPA avait choisi de marquer sa différence avec ses concurrents. Il a commencé fort la soirée en piquant Laurence Ferrari :  « ce n’est pas parce que je n’ai pas de cravate qu’il faut me couper la parole ». Mais sa première cible se dénommait François Fillon. « Ce sont des bonhommes qui nous expliquent qu’il faut la rigueur et l’austérité alors qu’ils piquent dans les caisses publiques. » Une fois le cas Fillon réglé, le candidat s’est tourné vers Marine Le Pen. « Le Pen, c’est pareil, on pique dans les caisses publiques européennes. Le FN qui se dit anti-système se protège grâce au système et à l’immunité parlementaire. » Une référence au refus de la présidente du Front National de se rendre aux convocations de la justice. Et le candidat termine sa réplique sous les applaudissements de la salle « nous quand on est convoqué par la police, on n’a pas d’immunité ouvrière. » Une punchline retentissante qui a marqué la soirée et cette campagne présidentielle.

Baptiste Meslin