Les marques qui habillent les deux finalistes à la présidentielle

Outil de communication essentiel pour se forger une bonne image auprès des électeurs, la tenue et les marques vestimentaires portées par les candidats à la présidentielle jouent pour beaucoup dans leur campagne électorale. Choix des habits, des accessoires ou encore des chaussures, l’apparence des politiques est très soignée, soit par un styliste personnel, soit par le candidat lui-même. Décryptage des marques préférées des deux finalistes à la présidentielle avec Elizabeth Pineau, auteure de l’ouvrage Le Vestiaire des Politiques (éd. Robert Laffont, 2016).

Emmanuel Macron : une appétence certaine pour le style et les marques de prêt-à-porter

Gouvernement français, CC BY-SA 3.0 FR

Gouvernement français, CC BY-SA 3.0 FR

Celui que l’on pouvait qualifier de dandy il y a encore quelques années de cela se range désormais du côté des candidats à la présidentielle aux looks plus lisses et formels. “Il est indéniable qu’il présente un goût certain pour le vêtement puisqu’il connaît tous les codes vestimentaires”, affirme Elizabeth Pineau. C’est avec une facilité déconcertante qu’Emmanuel Macron choisit ses costumes de prêt-à-porter, en préférant toujours des pièces sobres et simples. Il n’a d’ailleurs jamais fait de “fashion faux pas”. Les imprimés? Les rayures ? Les motifs ? Invités absents dans son dressing. Il leur préfère des pièces sans chichis, à la coupe près du corps. Et il peut d’ailleurs se le permettre, comme l’indique Elizabeth Pineau : “Emmanuel Macron fait partie de ces personnalités politiques qui portent très bien le prêt-à-porter. Il donne l’impression de ne pas en faire trop, d’être habillé mais accessible, comme monsieur tout le monde”. Il est d’ailleurs plus facile de s’identifier à lui. Emmanuel Macron, lanceur de tendances ? Peut-être pas, mais sûrement une valeur sûre en terme de bon goût.

Le plus jeune candidat à la présidentielle se réserve d’ailleurs bien de porter des excentricités : il se fournit en costumes chez Lagonda, comme François Fillon. Accompagné de sa femme Brigitte Macron, qui le conseille dans ses choix, comme d’accoutumée, il renvoie une image d’homme toujours tiré à quatre épingles, qui met toujours un point d’honneur à afficher une image bien lisse. Mais contrairement à son adversaire adepte des chaussettes rouges, le candidat reste très classique, et se tourne vers des valeurs sûres : des costumes gris ou sombre, des cravates fines bleu marine. Une couleur d’ailleurs phare chez les candidats pour ces présidentielles, puisqu’elle est adoptée aussi bien par les hommes que par les femmes.

Marine Le Pen, une garde-robe exempte de pièces griffées

Rémi Noyon, CC BY 2.0

Rémi Noyon, CC BY 2.0

La fille de Jean-Marie Le Pen se démarque pour oser les couleurs moins conventionnelles. Elle porte le bleu, le blanc, le rouge, revendiquant son patriotisme jusque dans le choix de la couleur de ses habits. Chez elle, l’habit se veut politique. Comme à New York, en 2015, lorsqu’elle a été invitée à une soirée organisée par le Time. Désignée parmi les 100 personnes les plus influentes du monde, elle s’était présentée à la réception en robe bleu roi, et revendiquait tout haut : « Ah non, je ne parle pas anglais, moi. Je suis française ! ». 

Avec un style classique mais tout de même chic, Marine Le Pen revendique ne pas s’habiller chez les créateurs. Logique imparable pour celle qui souhaite être au plus près de ses électeurs, même dans l’habit de tous les jours. Seule exception à la règle : Marine Le Pen a déjà été aperçue avec un sac Prada porté à l’épaule. 

Orianne Vialo