Mounir Majhoubi : la fulgurante ascension d’un geek

Débarqué de presque nulle part, Mounir Majhoubi a tiré les ficelles de son destin. Celui qui se considère comme un “gros geek depuis l’enfance” a été nommé secrétaire d’État au numérique. À seulement 38 ans, il est le plus jeune membre du gouvernement, à l’image d’Emmanuel Macron ? Retour sur le parcours d’un enfant modeste qui a su gravir les échelons.

“Je suis un gros geek !” C’est lui-même qui le dit. Mounir Majhoubi a l’informatique dans la peau et pour cause… À seulement 16 ans et en France depuis peu, il met un pied dans le monde du travail pour payer ses études. Ses origines marocaines sont loin d’être un obstacles pour lui : “J’étais un enfant dans un monde d’adultes. J’étais compétent, mais je n’avais aucun ‘code social’. J’étais un bizarre”, raconte-t-il aux Inrocks. Passionné depuis toujours par l’informatique, il passe le concours du jeune inventeur  Sciences & Vie Junior, qu’il gagne en 1997. Bingo, il peut alors s’offrir son premier ordinateur.

Un geek en politique

Élève brillant, il intègre la faculté de droit et obtient sa maîtrise de droit, ainsi qu’un master d’économie et de finance à Sciences-Po Paris. Sans oublier son détour par Columbia et Cambridge au cours de ses études. En 2009, tout juste diplômé, il lance une agence d’innovation et de communication : Mounir & Simeon. En se basant sur la toute nouvelle base de données mise en ligne par la mairie de Paris, il créait des cartes électorales dynamiques. Il fait alors ses premiers pas en politique auprès de François Hollande pour les primaires de la gauche puis la présidentielle de 2012. Le jeune homme est alors décrit comme : “l’électron libre pour la campagne numérique” et le “pilote de la conception et de la réalisation du site web de campagne”. Ce à quoi il répond sur le site  Rue89 en 2015 : ”J’ai soutenu François Hollande, mais toujours en position d’expert. Ma spécialité à moi, c’est le numérique. Et l’engagement des gens grâce au numérique”.

En février 2016, il fait un passage éclair au Conseil National du Numérique (CNNum) où il met fin à la production des rapports jugés trop classiques et créait des “notes de vision” d’une quinzaine de pages sur divers sujets. Selon lui, ce qui compte c’est “la vision que l’on a de la société à l’ère du numérique”. Il met alors en garde l’importance du big-data, mais également sur ses dérives potentielles.

Fidèle à Macron

En janvier, il rejoint la campagne du candidat d’En Marche! Selon lui, Emmanuel Macron est “le seul capable de créer les conditions d’une véritable transformation de la France, face à tous (les) enjeux” du numérique, il explique-t-il dans un billet publié sur Medium. Il s’occupe alors de la campagne numérique sur Internet et sur les réseaux sociaux. Après l’attaque informatique subie par l’équipe de campagne, il est première ligne.

Suite à l’élection d’Emmanuel Macron, il est nommé secrétaire d’État au numérique.  Sur Franceinfo, il déclare vouloir faire de “la cyberdéfense et de la cybersécurité une priorité de notre sécurité nationale”. Le plus jeune membre du gouvernement est candidat aux législatives dans la seizième circonscription de Paris face à Jean-Christophe Cambadélis député dans la capitale depuis maintenant vingt ans. Un défi de taille pour ce jeune geek, encore inconnu il y a quelques années.

 

 

 

Photo de Une: Numerama.com

 

 

 

 

 

C ferreira da silva