Présidentielle 2017 : retour sur une campagne investie par les réseaux sociaux

La campagne présidentielle 2017 a été plus que jamais marquée par la présence des réseaux sociaux. Une arène supplémentaire pour la compétition électorale. Pour gagner sur ce terrain, les candidats ce sont presque tous prêtés à l’exercice… Les réseaux sociaux sont-ils devenus le meilleur moyen pour les candidats pour se faire entendre ?

L’ENJEU

L’activisme en ligne n’a rien à voir avec celui des campagnes précédentes.  Plus que jamais les réseaux sociaux ont servi de support aux centaines de milliers de conversations politiques, qui n’a jusque là jamais atteint autant d’accessibilité et de visibilité. Pour David Réguer, fondateur de l’agence de relations publiques RCA Factory, spécialiste en communication et marketing digital, «  les réseaux sociaux sont intégrés à la sphère médiatique en France, sans retour en arrière possible et c’est cette dernière qui permet même de nourrir les médias traditionnelles ». « Les réseaux sociaux servent aujourd’hui à raconter une histoire pour l’homme ou la femme politique. Même si les politiques rêvent encore du portrait dans Paris Match, la liberté des réseaux sociaux et les différents types de supports à leur dispositions permet de les laisser s’exprimer en toute liberté». S’affranchir des médias classiques tout en gagnant en audience tel est le principal enjeu.

LES MEILLEURS ELEVES

Pour David Reguer  “avec ses 30  millions de vues au total, JL Mélenchon a régné en maître sur la campagne

Si les “Fillionistes” ont notamment utiliser les réseaux sociaux pendant la campagne pour calmer l’hystérisation autour de l’affaire “Penelopegate”. Les autres candidats se sont transformés en véritable geeks.

Jean Luc Mélanchon est devenu un Youtubeur hors pair. “Vous êtes 320 000 abonnés à cette chaîne, vous êtes ma liberté, le moyen pour moi de m’exprimer sans être interrompu toutes les deux secondes, de développer une pensée en plus de 140 signes…” disait Jean-Luc Mélenchon au lendemain du premier tour. Le chef des Insoumis a su prendre profit du second moteur de recherche mondial avec son émission culte ” la revue de la semaine”. Pour David Reguer  “avec ses 30  millions de vues au total, JL Mélenchon a régné en maître sur la campagne” .  Mais le leader de la France Insoumise a surtout marqué la campagne avec le meeting de Lyon et d’Aubervilliers tenu en simultané grâce à un hologramme.

 

 

La campagne 2017 fut aussi “l’avènement du Facebook live ou Périscope” , pour David Réguer « les équipes de campagnes deviennent des réseaux sociaux à part entière. L’équipe d’Emmanuel Macron a su manier avec excellence les directs sur Facebook. Des images qui ont immédiatement nourri les médias”.  Un rôle primordiale lors de la rencontre entre Emmanuel Macron et le personnel de Whirlpool. Avec une couverture quasi-systématique de ses déplacements et de ses meetings sur Facebook, ses videos sont devenues une véritable chaîne en continue pour l’équipe d’En Marche.

 

 

INTOX

Jusqu’à la fin de la campagne; les cadres du FN ont utilisés les réseaux sociaux comme moyen de diffusion de “fake-news”. De l’oreillette d’Emmanuel Macron pendant le débat, au compte caché au Bahamas du candidat d’En Marche , tous les moyens à leurs dispositions étaient bons à prendre pour tenter de déstabiliser le camp adverse.

SNAPCHAT FAUX PAS

Pour s’adresser aux jeunes tous les moyens sont bons…quoique. On l’a vu  avec l’exercice Snapchat et le choix délicat du filtre. Sans aucun doute l’un des  moments les plus gênants de la campagne sur les réseaux sociaux avec celui de l’esprit cafet de “Parlons-en” de Florian Philippot sur Youtube.

https://twitter.com/Futalors/status/854827770454712321

EFFICACITE

Il y a un impact : dans les commentaires sous les vidéos, certaines personnes qui n’avaient pas prévu de voter pour Jean-Luc Mélenchon expliquent qu’elles ont été convaincues. Si l’effet est difficilement mesurable, David Réguer  parle d’un aspect viral, persuasif voir coercitif” .

Une campagne présidentielle  sous le signe du numérique sans aucun doute et qui promet une évolution certaine pour les prochaines campagnes politiques.

Julia Toled